Lecture : Prix Indiana #2
J'ai profité de ces premiers jours de vacances pour terminer les dix pages qui restaient en souffrance pour mon premier livre du prix Indiana : La lamentation du prépuce, de Shalom Auslader, chez 10/18.
Je vous en avais déjà parlé, j'ai été emballée dès le début, puis un peu languissante au milieu avant d'être tout à fait conquise à la fin. L'histoire ? La voici, comme toujours :
Présentation de l'éditeur :
Jeune époux et futur papa, Shalom pourrait être le plus heureux des hommes. Mais l'enfance peut commettre bien des ravages... Élevé dans la plus stricte orthodoxie juive, il en a gardé une vision très personnelle du " Tout-Puissant " et une paranoïa aiguë. Trente-cinq ans que cela dure. Trente-cinq ans d'une relation complexe, faite d'incompréhension et de pure terreur. Alors, à l'adolescence, Shalom s'est rebellé : gavage de hot dogs, lectures pornos... Et il a attendu, tremblant, le châtiment divin. Mais rien... Aujourd'hui, la grossesse de sa femme le laisse désemparé. Partagé entre son désir d'émancipation et sa peur maladive de Dieu, le voilà confronté à l'agonisante question : quel sort doit-il réserver au prépuce de son enfant ?
Tout est dit ou presque ! C'est drôle, c'est noir, c'est iconoclaste, c'est gras aussi (à tous les sens du terme d'ailleurs !!!). C'est long parfois, parce que la psychanlyse de l'auteur / narrateur / personnage est un peu ... chiante (on a bien compris que pour faire suer son Dieu il va se palucher éternellement devant des revues pornos, manger non cashere et négocier perpétuellement son salut puis celui de sa femme et de son fils à venir) et qu'on a parfois envie de lui dire, "bon ok, c'est bon, lâche-nous avec ton dieu, t'es grand, tu peux penser par toi-même". Oui mais non ! C'est là qu'on se rend compte à quel point le poids de l'éducation, et notamment (surtout ?) celui de l'éducation religieuse est lourd à porter. D'où ces négociations permanentes avec Dieu. D'où cette crainte permanente d'en subir les foudres. D'où aussi paradoxalement cette provocation permanente. A ce propos, je ne résiste pas au plaisir de vous livrer un petit extrait de la dédicace notée (intégralement) sur le gâteau d'anniversaire de son fils, Pax, un an : "Joyeux anniversaire Pax. De la part de Maman, Popa, Harley, Duke et personne d'autre de nos familles, parce que se sont tous des grincheux négatifs qui préféreraient nous entraîner dans la tourbe sombre de leurs tragiques existences plutôt que de partager notre joie une seule minute. Longue vie !" Avant d'enchaîner ainsi quelques lignes plus loin : "Je T'en supplie, Dieu : ne tue pas ma femme à cause de ce livre. Epargne mon fils, épargne mes chiens. Si Tu dois absolument tuer qqn, choisis Geoff Kloske à Riverhead Books"
Du génie (un peu ...) et de l'autodérision (beaucoup) ! Des passages d'anthologie sur le Shabbat. Donc du plaisir pour le lecteur !
Bonne lecture à vous !
Commentaires sur Lecture : Prix Indiana #2
Belle critique !!! tu sais nous donner envie ;o)))
tu vas te régaler avec "L'ombre du vent" ... enfin, j'espère ! je vais attendre ton avis avec impatience.
et un de plus dans la liste, un!
une certitude...un comme ça , on ne l'épouserait pas ...



